mercredi 12 janvier 2011

Pour la vie







Préambule de mise en garde: Si tu es parent ou que tu as dans ton entourage un grumeau foetal en devenir, rends lui service en lisant ces lignes pour son bien-être psychologique.

Ce qui ne changera jamais dans le métier de prof c'est la découverte, en général en début d'année, des nouveaux prénoms de mes grumeaux.

J'avais déjà parlé y'a un bail de la cause fédératrice de l'élève Kévin et je tiens à rectifier le tir: depuis cet article de 2007 j'ai eu 4 élèves Kévin qui ont été des choupinous de première catégorie, le genre à te remercier à la fin du cours avec un paquet de ferrero. Seul chocolat accepté par mon palais buccal, oui je leur fais toujours toujours la check lits de mes mets préférés en début d'année.

J'avais déjà eu des belles perles grumales: Djessica pour bien prononcer à l'américaine tu comprends, Amort un grand balèze qui ne supportait pas son prénom et Mody, pauvre grumeau qui a mal commencé l'année en ayant un accident...en même temps avec un prénom pareil ses parents lui ont enfoncé direct dans le dos l'épée de Damoclès pour le restant de sa vie. Et jte parle même pas des deux Mégane Renaud qui ont essuyé des rires stridents durant 4 ans, moi compris, et qui doivent en essuyer encore au lycée ou à la fac.
Je prie pour qu'elles aient trouvé le chemin de la rédemption en faisant la démarche de changer leur prénom.

En salle des profs je peux te dire que les prénoms bizarres des grumeaux est LE sujet qui nous fait bien marrer. Et ouais on a que ça à faire à la pause, se moquer.

Entre ceux qui ont des prénoms à la mode ancienne, Roland, Lucien, Alphonse, à croire que les parents ont chopé un dictionnaire des prénoms qui sort de la naphtaline...
Ceux qui ont des prénoms à double sens: Amort, Mody...
Ceux qui ont des micro prénoms qui ressemblent plus à des onomatopés qu'à autre chose...

Bah je peux te dire que les parents ont pas aidé leurs mômes. Déjà qu'à la base certains sont pas fut fut... Autant les avertir et les condamner direct à la peine capitale: toute ta vie on se foutera de toi avec ton prénom.

J'ai ainsi pu remarquer un grand changement face à la cuvée des prénoms des grumeaux nés entre 1998 et 2000, voici ma théorie: en 98 coupe de monde oblige, tous les fans de foot et ceux portés par cet élan de liberté égalité fraternité ont appelé leurs grumeaux Zidane, Zinedine, Henri, Marcel et Bixente.
A côté de ça t'as aussi une recrudescence d'Oussama.
On est pas tous fans de foot oui.

La perle des perles a été un grumeau qui s'appelait Zidane et avait comme prénom celui d'un grand terroriste mondialement connu.
Allier le héros d'une génération avec un terroriste, seuls les parents pouvaient le faire! En même temps qui d'autre donne un prénom j'ai envie dte dire...

10 ans plus tard quand je demande aux grumeaux de faire un travail autour de leur passion, ça y échappe pas, tous les Bixente, Marcel, Zinedine me causent foot. Dingue et poilant.

La question qui me turlupine est la suivante:
Que cherche le parent quand il donne des prénoms comme ça?
A être le plus original de tous les parents?
A ce que les profs se souviennent de sa progéniture durant toute leur vie de prof? Parce que ça pour le coup ça marche, et ça alimente de nombreux dîners, Ô oui!

Quand j'ai le parent en face de moi, celui qui s'est cru drôle en trouvant le prénom de son grumeau après une cuite post footeuse, je n'ai qu'une envie, lui dire ça: "Ohh c'est pas un prénom pour une peluche bordel! Un prénom c'est à vie!!! Et on sait tous comment les grumeaux sont cruels entre eux."




Et les profs, c'est pire... (mais ça je ne leur dis pas)


dimanche 2 janvier 2011

Pour bien débuter 2011...




En pleine correction des croquis des 6ème je tombe sur ça:




No comment je suis sans voix.

Et bonne année !

Je suis anti-résolution mais juste pour toi et ton bien-être, je vais essayer d'être plus prolifique en 2011 qu'en 2010...

dimanche 28 novembre 2010

Dépression cathodique








Chaque année c'est la même chose qui me déprime.
Non c'est pas le froid.
Non c'est pas les jours qui raccourcissent.
Non c'est pas non plus le soleil qui s'est barré.
Encore moins les loupiottes de Noël.

Non moi ce qui me déprime et je l'avoue honteusement, c'est quand je tombe sur du patinage artistique à la télé, en pleine journée.

C'est comme une dose de dépression directement venue du tube cathodique.

J'ai essayé tout le week-end (à défaut de préparer un concours impossible à avoir) de comprendre pourquoi ce sport est synonyme de déprime pour moi.

Alors j'ai commencé par me dire que ça me rappelle qu'on approche des fêtes de fin d'année et que comme toujours, même le 31 à 21h33, je sais toujours pas ce que je vais faire. Soirée loose en perspective.

Ou alors c'est peut-être parce que le patinage ça me rappelle que j'ai jamais su tenir sur des patins.

Et là, au bout d'une heure d'intense réflexion, je me suis rappelée qu'à l'époque de mes 12 ans, le patinage artistique et moi avons entretenu une histoire particulière.

Durant les vacances scolaires de noël, presque chaque soir de la semaine, je comatais comme une bouse sur le canap' avec un oeil vitreux sur la tv.

A cette période le patinage était rediffusé après Histoires Naturelles, fidel ami des insomniaques. Je donnais déjà dans la soirée loose à 12 ans, moi je dis bravo.

Je me souviens aussi avoir essayé en vain de m'intéresser aux gestes gracieux, à la musique de ce sport, mais les costumes brillaient trop et me piquaient les yeux.

Quand je me levais pour éteindre la tv, je jetais un oeil par la fenêtre et j'observais la rue, déserte, couverte de neige, avec pour seule lumière l'éclairage incertain des illuminations de la ville qui attiraient les moustiques sur les volets.

Cette vue, digne d'un drame social de Ken Loach, avait pour fond sonore le patinage et ses commentateurs. J'étais seule avec eux.

Des années plus tard je viens de me rendre compte que ces soirées dans l'est de la france, où y'a plus de vaches que d'habitants au mètre carré, m'ont bousillé l'encéphale.

Depuis, la vue du patinage artistique a un effet dévastateur sur ma personne.

Comme quoi y'a pas que la connerie grumale qui est rétroactive...


mardi 16 novembre 2010

Nature Morte




Sam Taylor Wood, Still Life, 2001.



Aujourd'hui j'ai montré cette vidéo à mes grumeaux.

Réaction de Momo, élève de la 4ème Tarés:


-Madâââme, vous croyez que si je filme le pigeon qu'on a écrasé hier avec Kévin le Louvre il achètera ma vidéo?
- ça dépend, tu vas filmer jusqu'à la décomposition complète ou pas?



Je crois pas que mes collègues parlent souvent de vidéos de pigeons décomposés comme un acte artistique fort. C'est pour ça que j'ai voulu faire prof d'arts plastiques. Pour parler de pigeon mort sans complexe.

lundi 15 novembre 2010

La sombre histoire de l'explosion anonyme





La joie du métier de prof c'est d'assister en live au renouvellement de la connerie grumale.
La connerie grumale, ce doux cadeau livré en pack de 12 à l'obtention du capes, a la capacité de te surprendre encore et encore, au fil des années d'enseignement.

La dernière saloperie que j'ai eu à affronter a été le produit d'un, ou de plusieurs (l'enquête est en cours) grumeaux de la 3ème Gogolles.
En plein cours où chacun vaquait a ses petites occupations, moi en plein débat sur les limites de l'Art, type de débat qu'Apostrophe pourrait m'envier (jdéconne j'étais en pleine compèt' avec un grumeau qui essayait de me battre au rubicube), un bruit glace la classe.

Réflexe primaire de prof, j'en profite pour tricher et poser devant moi un rubicube en phase terminale.
Réflexe primaire de grumeaux: gueuler. Gueuler très fort même.

Boudiou d'où venait ce bruit?
D'une carabine?
Du derrière d'un grumeau? (ils sont très forts dans ce domaine)

Et non patachon, ce bruit était le fruit d'un pétard qui explose. Et pas un claque doigt, non monsieur, un vrai pétard qui nécessite un allumage en règle avec briquet ou allumette.

Odeur de souffre, doux fumet, nuage gris, ouverture des fenêtres et tout le monde assis plus personne ne bouge.
Big boss arrive, tout le monde debout, minute solennelle, et vlà que se déroule sous mes yeux un revival du Négociateur. Pendant 30 minutes, un à un, les grumeaux ont été convié à balancer dans une salle à part, pendant que je dévisageais le reste de la classe, debout, figée par la connerie du jour en devenant un moulin à parole parlant de sécurité. Hortefeux sort de mon corps!

Après cette organisation digne de la DGSE , qui à mon avis manquait d'un soupçon de KGB et de molosse, que dalle, walou, niet, rien. La fin de l'heure approchait et toujours rien. Des suspects bien sûr que j'en avais, les 3 gogolles du fond dont 1 fumeur.

La sonnerie retentissante, j'annonce que si je n'en sais pas plus sur cette sombre affaire, je refuse de faire cours dans ces conditions. Et qu'à l'avenir je ne leur ferais plus confiance, donc le cours ne sera plus comme avant.

Fin du spectacle, le rideau tombe et l'Omerta règne.

1 semaine plus tard, retour en classe et toujours pas de géniteur pour ce pétard anonyme...
J'ai donc fait un non-cours à mon sens, à savoir un exercice d'analyse avec photocop' d'une méthode et documents différents par grumeau. Pas plus d'explication qu'une phrase notée au tableau.
Bien sûr y'a eu râleries, puis silence car c'est noté, et je me punis par la même occasion en me rajoutant du boulot.

Prochaine étape le rdv parental avec le big boss des géniteurs des grumeaux...j'ai fait le plein de Bion 3 ce week-end.



Affaire à suivre...

mardi 9 novembre 2010

Juste une mise au point sur les plus belles images de ma vie...





Non non je suis toujours pas bouffée par mes grumeaux, je suis encore là.
C'est juste que cette année je suis redevenue étudiante, et que gérer la fac et le bahut ça devient vite surhumain. Et pourtant y'en a eu des conneries grumales à raconter depuis la rentrée. J'ai même eu un pétard qui a explosé en plein cours c'est dire.
Je reviens vite avant de me transformer en vrai rat de bibliothèque bouffi par la bibliographie agrégargantuesque!!

La bise qui dit merci de passer encore ici.


mercredi 13 octobre 2010

Art Brut




Dans ma classe de 3ème Gogolles j'ai un artiste qui aime exposer son art un peu partout.
Parfois il laisse sa signature sur les murs ou bien sur les bras de ses camarades.
Et d'autres fois c'est sur le mobilier que vient se déposer toute sa poésie:




Et après il ose me dire qu'il n'a pas d'imagination pour répondre à mes sujets...